BiathlonBiathlon CanadaInterviewsOù Sont-ils Maintenant: Audrey Vaillancourt

Audrey Vaillancourt au Centre de biathlon de Valcartier en 2014. (Photo de courtoisie)

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Lors du mois de mai 2016, la biathlète canadienne Audrey Vaillancourt annonçait la fin de sa carrière athlétique dans un papier intitulé « La fin d’une grande aventure », publié sur son blogue. Après douze ans – soit près de la moitié de sa vie – consacrés aux compétitions et à l’entraînement, c’est sans légèreté que la Québécoise de vingt-quatre ans, toujours passionnée de biathlon, a pris la décision d’accrocher ses planches et sa carabine.

Tout a commencé sur les skis à l’âge de six ans, à la traîne derrière ses grands frères Maxime et François Leboeuf (Vaillancourt porte le nom de sa mère). Tous deux sont d’anciens membres de l’équipe canadienne de biathlon, ayant pris leur retraite à vingt-neuf et à vingt-quatre ans respectivement. Sous l’impulsion de parents actifs, Carmen et Pierre, le jeune trio de Val-Bélair a rapidement acquis une brillante réputation à travers la province, dans les cercles rapprochés des fondeurs québécois.

C’est à douze ans que Vaillancourt fait ses premières armes en biathlon. Un amour du tir s’ensuit instantanément, de même qu’un talent naturel pour cette nouvelle discipline.

Audrey Vaillancourt arrachant le deuxième rang au sprint lors des qualifications de l’équipe canadienne de biathlon en novembre 2014 à Frozen Thunder, à Canmore en Alberta. (Photo: Photo: Justin Brisbane)

« C’était tellement l’fun et différent du ski de fond traditionnel. Le tir présentait un nouveau défi pour moi. Ça rend les compétitions de biathlon tellement plus excitantes que celles en ski de fond », lance avec enthousiasme Vaillancourt, lors d’un entretien téléphonique depuis sa demeure à Québec en janvier dernier.

Elle rallie rapidement les rangs du Club de biathlon Courcelette, fondé trente ans plus tôt, et s’entraîne au Centre d’entraînement Myriam Bédard – unique en son genre au Québec – sur les terres militaires de Valcartier, non loin de la maison familiale. Alors qu’elle fréquente l’école secondaire, Vaillancourt peaufine ses positions de tir et son pas de patin à raison de trois fois par semaine. Le régime d’entraînement s’intensifie et passe à six séances matinales lorsqu’elle entame ses études cégépiennes. C’est sous la tutelle de Jean Paquet, ex-olympien, puis de Martin Tremblay, l’actuel entraîneur en chef de l’équipe du Québec de biathlon que Vaillancourt déploie ses qualités de biathlète.

Le saut inévitable vers Canmore, en Alberta, a lieu à seize ans, lorsqu’elle mérite sa place au sein de l’équipe nationale junior. La perspective de progresser aux côtés des meilleurs biathlètes du pays, en plus de s’initier au circuit de compétitions en sol européen, marque une étape importante pour l’athlète québécoise. Une chance en or, que saisit spontanément Vaillancourt, mais qui recèle quelques écueils imprévus.

« À l’époque, j’étais l’unique athlète francophone de l’équipe. Je ne me suis jamais intégrée totalement en Alberta. Canmore est une ville d’athlètes et de centres d’entraînement, centrée sur la performance sportive. Même si j’étais super motivée à m’entraîner, il me manquait quelque chose. Je me sentais loin de ma famille et de mes amis », admet Vaillancourt.

Elle ajoute que, malgré l’éloignement, les mois d’hiver passés en Europe lui ont permis de découvrir plusieurs villes (Anthloz, en Italie, demeure son coup de cœur) et de disputer des courses devant de vastes foules endiablées. Vaillancourt a représenté le Canada aux Championnats du monde en 2013 et en 2015 avant de prendre sa retraite en mai 2016.

« Dans ma dernière saison à titre de senior, l’éloignement a joué pour beaucoup dans ma décision de quitter la compétition », avoue-t-elle.

Après nombre de podiums accumulés à l’échelle nationale, celle qui a été trois fois championne canadienne atteint le faîte de sa carrière en 2014 à Nove Mesto, en République Tchèque, remportant le quinze kilomètres départ individuel à l’occasion des Championnats européens.

« C’était fou, une journée que je ne vais jamais oublier », raconte-t-elle. « Mais bon, je pense que c’est l’expérience dans son ensemble dont je vais me souvenir le plus, les centaines d’heures d’entraînement passées chaque année avec l’équipe, les camps d’entraînement, tout le plaisir que j’ai eu avec mes coéquipiers. Ça… et Nove Mesto! »

L’équipe canadienne féminine du relai 4 x 6km après leur onzième position à la Coupe du monde IBU de Hochfilzen, Autriche, en 2014: (de gauche à droite) Rosanna Crawford, Audrey Vaillancourt, Sarah Beaudry et Megan Heinicke. (Photo: Rosanna Crawford)

Une belle performance aux Championnats du monde junior en 2009 marque une autre étape importante dans son parcours. Devant des partisans canadiens, elle décroche le bronze à Canmore lors du six kilomètres sprint.

Reflétant sur sa carrière d’athlète, Vaillancourt assure ne conserver aucun regret.

« J’ai vraiment l’impression d’avoir tout donné. C’est sûr que j’ai rêvé plusieurs fois à une qualification olympique, mais ça aurait aussi voulu dire sacrifier beaucoup. Trop pour moi, en tout cas », concède-t-elle.

L’idée de quitter l’univers compétitif a germé graduellement lors de la saison 2015-2016. Des résultats en deçà de ses attentes n’étaient pas les seuls responsables de sa résolution finale.

« La dernière saison a été pénible physiquement et mentalement. Je n’avançais pas. J’étais complètement vidée », explique Vaillancourt. « J’ai obtenu quelques bons résultats, mais rien pour m’encourager à continuer. »

La retraite à seulement vingt-quatre ans s’est donc imposée naturellement, amenant un grand soulagement après douze années de compétitions. La biathlète a dû se tourner rapidement vers un nouvel objectif, refaire sa vie après le sport.

« Je comprends maintenant pourquoi plusieurs athlètes souffrent de dépression à leur retraite. Vraiment, je comprends ce phénomène. C’est nécessaire de se préparer, de faire des plans, de remplir sa vie avec des projets. Sinon, on tombe rapidement dans le néant. »

Vaillancourt vient d’ailleurs de terminer des études en traduction à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Elle travaille présentement dans le cabinet de traduction Sematos à Québec, mais demeure toujours active au sein du biathlon en tant qu’entraîneuse pour le Club Courcelette et pour le Club Biathlon Mauricie. Elle participe également à un projet appelé « Unis pour le sport », né il y a quelques mois d’une idée de son frère Maxime.

« Ce projet vient du désir d’aider les athlètes de tous les niveaux à améliorer leurs performances sportives, leur régime d’entraînement, leur technique dans divers sports, allant du ski de fond aux courses à obstacles, en passant par le biathlon et la course à pied », confie-t-elle.

Le site web du projet (http://unispourlesport.com) vient d’ailleurs récemment de mettre en ligne un plan d’entraînement personnalisable pour coureurs.

« Les choses se passent bien », écrit Vaillancourt dans un courriel le mois dernier.

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François Léger Dionne

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